Étape 4 sur 8

Place Dísz

Dísz tér

Pour voir comment l’expédition contre l’ennemi extérieur, annoncée ici, s’est muée en révolte intérieure.

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Place Dísz
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À remarquer

  • Façade baroque de la maison n° 15
  • Espace ouvert de la place

L’histoire du lieu

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Le neuf avril mille cinq cent quatorze, ici, sur le marché médiéval Saint-Georges — prédécesseur de l’actuelle place Dísz —, le cardinal Tamás Bakócz proclama une croisade contre l’Empire ottoman. Bakócz était archevêque d’Esztergom et légat pontifical, c’est-à-dire représentant du pape ayant le droit de recruter des croisés. Il voulait réunir une armée pour défendre la frontière méridionale, bien qu’il sût d’avance que Rome ne donnerait pas d’argent, que les souverains européens n’enverraient pas de soldats et que le trésor royal était vide.

Selon la tradition architecturale locale, la résidence de Buda du cardinal occupait les terrains des actuelles maisons quatorze et quinze, sur le côté ouest de la place. L’église de la cour Saint-Sigismond se trouvait à côté. Le vingt-quatre avril, Bakócz y remit à György Dózsa une bannière blanche consacrée, marquée d’une croix rouge. Dózsa était un commandant de cavalerie frontalière de la forteresse de Belgrade, l’actuelle Belgrade ; son expérience de la guerre contre les Ottomans et une récente victoire en duel contre l’un de leurs guerriers faisaient de lui un chef approprié. Il devait désormais conduire les hommes rassemblés jusqu’à la frontière méridionale.

Ce furent principalement des paysans qui vinrent sous la bannière. Ils vivaient de leurs récoltes et abandonnaient leurs exploitations au plus fort des travaux de printemps. Les propriétaires terriens tentaient de les ramener de force dans les champs et menaçaient de punir les familles restées chez elles. On n’avait pas préparé assez de vivres pour le camp qui grossissait. Les hommes à qui l’on avait promis une expédition contre l’ennemi extérieur et le pardon de leurs péchés virent que leurs propres seigneurs leur barraient la route.

Le dix mai, Dózsa mena vers le sud, depuis les environs de Pest, environ quinze mille croisés. Cinq jours plus tard, Bakócz, effrayé par les affrontements, interdit de poursuivre le recrutement. Puis le conseil royal ordonna à toute l’armée de se disperser. L’ordre arriva après que les détachements armés se furent déjà mis en mouvement dans le pays et que les tentatives des propriétaires terriens pour arrêter leurs paysans eurent dégénéré en meurtres et en attaques de riposte. La croisade se mua en révolte.

En juillet, l’armée de Dózsa fut défaite près de Timișoara. Le chef lui-même fut capturé et exécuté. Bakócz conserva son rang et sa richesse, mais perdit son ancienne influence politique : l’expédition qui devait le ramener dans la grande politique européenne devint le principal échec de sa carrière.

La résidence du cardinal n’a pas subsisté sous sa forme médiévale. L’actuelle maison baroque numéro quinze fut construite plus tard à partir de plusieurs anciennes maisons ; à l’intérieur subsistent des voûtes médiévales, une cave et une cuisine, mais il est inutile de chercher le balcon depuis lequel, selon la tradition locale, Bakócz s’adressait aux personnes rassemblées. L’église Saint-Sigismond a elle aussi disparu.

Le nom « Dísz tér » provient d’une autre cérémonie qui se déroulait ici. Après le retour de Buda hors de l’autorité ottomane, on construisit sur le côté sud de la place le principal corps de garde de la forteresse. De là, on envoyait les soldats aux portes et aux postes de garde ; on les y inspectait et on y organisait solennellement la relève de la garde. À partir de mille sept cent vingt-huit, on commença à appeler la place Paradeplatz, la place des parades militaires. Le hongrois « Dísz tér » a fixé le même sens. Le corps de garde a été démoli depuis longtemps ; les formations qui s’y tenaient ont survécu dans le nom de la place.

Sur place

Temps sur place15 min
Point suivantTour Sainte-Marie-Madeleine
Entréeaccès libre

Place urbaine ouverte sans contrôle de billets ; mieux vaut la lire à la lumière du jour, lorsque le périmètre, le monument et les traces d’impacts sont discernables.

Vérifié : 28 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.

Les souterrains ne sont pas visibles depuis la surface, alors ne cherchez pas de descentes non officielles ni de passages fermés. Il est plus utile ici de faire lentement le tour de la place et de comparer les vides actuels au récit des bâtiments disparus.

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Itinéraire terminé

Promenade terminée

« Le quartier du Château de Buda : palais, places et bastion » — 8 étapes, environ 3 km, 3–4 h.

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